Belge, une fois… et partout à la fois
À l’occasion de la Fête nationale, on a tendu le micro à cinq membres de notre Réseau international. De Montréal à Kinshasa, en passant par Paris, Berlin et San Francisco, nos conseillers économiques racontent comment les entreprises belges sont perçues sur leur marché et ce qui surprend encore de part et d’autre. Cinq regards, un cadavre exquis belge de son état et aussi quelques conseils à glisser dans la valise des plus exportateurs.trices d’entre vous.
L’ambition sans l’esbroufe
Le Belge chaleureux, bon vivant, adepte du compromis… Ces clichés semblent avoir encore de beaux jours devant eux. Au Québec, les Belges restent ainsi étroitement associés, selon notre représentant sur place, à leur réputation de « bons vivants ». Aux États-Unis, leur capacité à trouver des compromis est, elle aussi, largement reconnue.
En Allemagne, leur spontanéité surprend parfois, comme « donner la bise et tutoyer très, voire trop rapidement ».
Mais ces images ne racontent qu’une partie de l’histoire. Notre délégué en Californie Eric Gabrys est catégorique:
L’image du Belge peu ambitieux est totalement fausse. Nos entrepreneur·es affichent souvent une ambition internationale très forte, même s’ils sont parfois plus modestes lorsqu’ils présentent leurs réussites que leurs homologues américains.
En Afrique (RDC) aussi, le regard porté sur les Belges va au-delà des idées reçues. Plus que leur convivialité, c’est « leur ponctualité et leur envie d’organiser et de planifier les choses à l’avance qui marquent les esprits ».
Same same, but different
Les marchés qui nous ressemblent le plus sont parfois ceux qui réservent les plus grandes surprises. Partager une langue ne signifie ainsi pas forcément partager les mêmes réflexes professionnels, comme l’explique Olivier Costa, notre représentant à Paris :
Les modes de décision, le rapport à la hiérarchie et le style de négociation diffèrent sensiblement. La langue commune masque parfois ces écarts, ce qui peut créer des malentendus.
Le constat vaut aussi au Québec: « les interlocuteurs se comprennent bien ; on partage même les fameux septante et nonante ! Mais il ne faut jamais oublier que le Québec est en Amérique du Nord, même si on y parle le français ». Une réalité qui se retrouve notamment dans des discussions souvent plus directes, sur les prix ou le ROI.
Notre représentante en Allemagne rappelle aussi que les ressemblances ne sont pas toujours celles que l’on imagine: alors même que Belgique et Allemagne partagent une organisation décentralisée et de fortes identités régionales, « il existe une méconnaissance réciproque de la taille et de la structure de nos deux pays ».
Aux États-Unis, les différences se jouent davantage dans le rythme du business. « Là où les entrepreneurs belges ont tendance à vouloir disposer de toutes les informations avant de prendre une décision importante, les Américains préfèrent avancer rapidement, tester une idée avec le marché puis l’améliorer ».
En Afrique, à l’inverse, « les liens historiques entre la Belgique et la République Démocratique du Congo créent souvent une proximité et une compréhension mutuelle assez uniques ».
Des caméléons tout terrain
S’il y a une qualité qui fait l’unanimité sur les 3 continents, c’est bien la capacité d’adaptation de nos entreprises.
En France, elle repose sur « une capacité à naviguer à la croisée des cultures », un avantage de taille face à des concurrents plus éloignés.
En Allemagne, les entreprises belges sont perçues comme étant capables de travailler efficacement dans un environnement international.
Au Canada, elles savent comprendre les besoins locaux et s’adapter, le cas échéant, tandis qu’aux États-Unis elles sont reconnues pour privilégier les relations de confiance et la création de valeur sur le long terme plutôt que les gains rapides; » un véritable atout sur le marché américain. »
En RDC enfin, cette capacité d’adaptation passe avant tout par l’humain : les entreprises bruxelloises excellent dans la création de partenariats durables, où la confiance prime sur le formalisme.
Dis-moi ce que tu vends…
… je te dirai où tu exporteras. Car si les qualités des entreprises belges semblent faire l’unanimité, leurs savoir-faire ne rencontrent pas les mêmes besoins selon les marchés. Innovation technologique, transition industrielle, infrastructures ou industries créatives… Chaque destination révèle une autre facette de l’expertise bruxelloise.
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